À Québec, dès février, on sent déjà poindre le printemps. Cette impression de renouveau tombe bien : Microsoft a récemment actualisé son guide de design inclusif, une ressource majeure pour toutes les équipes qui contribuent à créer des produits et des services numériques. Cette nouvelle version ne se limite pas à rafraîchir le visuel : elle approfondit la méthodologie, clarifie les principes et les rend plus actionnables au quotidien.
À Québec, dès février, on sent déjà poindre le printemps. Cette impression de renouveau tombe bien : Microsoft a récemment actualisé son guide de design inclusif, une ressource majeure pour toutes les équipes qui contribuent à créer des produits et des services numériques. Cette nouvelle version ne se limite pas à rafraîchir le visuel : elle approfondit la méthodologie, clarifie les principes et les rend plus actionnables au quotidien.
Dans cet article, on revient sur ce qu’est ce guide, ce qui a changé, et surtout comment l’utiliser concrètement dans vos projets.
À l’origine publié en 2015 puis mis à jour tout récemment, le guide de design inclusif de Microsoft est une documentation riche qui propose des outils, des exemples et des activités pour aider les équipes à mieux comprendre et appliquer le design inclusif.
On y trouve :
Un point important : ce guide ne remplace pas vos processus de design. Il les complète. Il se greffe sur ce que vous faites déjà (UX, recherche utilisateur, développement, stratégie produit) pour vous aider à repérer les exclusions et à concevoir des expériences plus inclusives.
Nous avons tendance à concevoir à partir de ce que nous connaissons. C’est humain. Mais nos références, nos habitudes et nos biais font que nous risquons, sans le vouloir, d’exclure certaines personnes. Le guide de Microsoft nous rappelle que c’est notre responsabilité collective de créer des produits qui permettent à un maximum de personnes de participer.
Être inclusif, ce n’est pas faire un produit « pour tout le monde » au sens uniforme du terme. C’est plutôt :
Les contraintes liées à l’accessibilité, à la diversité des usages ou aux contextes d’utilisation deviennent alors des occasions d’innover et d’améliorer la qualité globale de l’expérience. Ce que l’on conçoit pour répondre à un besoin spécifique profite souvent à beaucoup d’autres.
La nouvelle version du guide reformule les trois grands principes du design inclusif et les rend plus concrets.
Reconnaître l’exclusion
L’exclusion n’est plus vue comme un échec à cacher, mais comme un signal. Chaque fois que l’on conçoit à partir de nos propres biais et que l’on suppose que notre expérience est universelle, on crée un décalage entre les personnes et l’expérience proposée. Ce décalage devient un indice précieux : il montre où le design doit évoluer.
Apprendre de la diversité
La diversité n’est plus seulement une tactique de recherche en fin de parcours. Elle devient centrale à chaque étape : découverte, idéation, prototypage, validation. Les personnes aux capacités et parcours variés ne sont pas des « cas marginaux », mais la clé pour comprendre les limites de nos produits et ouvrir de nouvelles pistes.
Concevoir pour une personne, étendre à beaucoup
Le guide rappelle que concevoir pour des personnes ayant des handicaps permanents mène souvent à des solutions qui profitent à tous. L’enjeu n’est pas de créer un produit universel figé, mais de bâtir des systèmes flexibles, capables de s’adapter à différents besoins et à leur évolution dans le temps.
Une évolution majeure du guide concerne la manière dont il s’adresse aux équipes. Le design inclusif n’est plus présenté comme un sujet réservé aux UX designers. Il est présenté comme une pratique partagée :
Le guide s’appuie également davantage sur le storytelling : il donne la parole à des personnes issues de communautés diverses (militants, enseignants, urbanistes, créateurs, etc.) pour illustrer ce que l’inclusion signifie concrètement dans la vraie vie.
La mise à jour du guide met beaucoup mieux en valeur les outils pratiques et les activités répétables. Plutôt que de se contenter de dire « concevez de manière inclusive », il propose des façons structurées de le faire :
Le guide enrichit aussi les ressources liées à la santé mentale et à la neurodiversité. Il invite les équipes à repenser la manière dont les systèmes sollicitent l’attention, gèrent les interruptions et la charge cognitive, et laissent aux personnes le contrôle de la complexité, du rythme et des retours.
Autrement dit, l’accessibilité n’est plus quelque chose qu’on ajoute à la fin. C’est un point de départ, une ligne de départ plutôt qu’une ligne d’arrivée.
Historiquement, les approches d’accessibilité ont surtout mis l’accent sur la vision, l’audition et la mobilité. La nouvelle version du guide conserve ces dimensions essentielles mais met davantage en avant la cognition et la neurodiversité.
Deux grands axes se dégagent :
L’objectif n’est pas seulement de réduire la confusion, mais d’aider chacun à se sentir capable, légitime et en contrôle.
Le guide mis à jour puise largement dans des exemples concrets et des expériences vécues. Plutôt que de s’appuyer sur des scénarios hypothétiques, il met en avant des produits et services existants qui ont utilisé des outils de design inclusif pour créer des expériences plus justes.
Cela transforme le guide en véritable bibliothèque de modèles : on peut s’inspirer de fonctionnalités inclusives déjà présentes dans des interfaces, des appareils ou des services du quotidien, puis transposer ces idées à ses propres projets. Les récits de personnes concernées rappellent que l’inclusion n’est pas une case à cocher, mais une relation continue avec des publics bien réels.
À partir de ce guide, plusieurs premières actions se dégagent :
Cette nouvelle version du guide de design inclusif de Microsoft marque une étape importante : elle montre une discipline qui murit, qui passe de la sensibilisation à la pratique, et qui positionne l’inclusion comme un moteur de créativité plutôt que comme un simple impératif de conformité.
Le message est clair : l’inclusion n’est pas une piste parallèle ou un « bonus » à ajouter si on a le temps. C’est le cœur du travail de conception. Et la bonne nouvelle, c’est que nous avons aujourd’hui des outils concrets pour en faire une pratique quotidienne, accessible à toutes les équipes, quels que soient leurs rôles.
Si vous souhaitez améliorer l’inclusivité de votre plateforme numérique ou de vos produits, ce guide est un excellent point de départ pour changer votre regard… et vos pratiques.
Consultez le guide de design inclusif de Microsoft
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