CiaoCiao le blogue sur le cycle de vie numérique

L'histoire de Ciao Technologies depuis 2006

Rédigé par Karine Simard | 20 avril 2026 14:47:54 Z

Cette année, Ciao souffle ses 20 bougies. Vingt ans, c’est à la fois long et court. Long, quand on pense à tout le chemin parcouru, aux défis, aux nuits blanches, aux appels d’offres, aux embauches, aux paris un peu fous. Court, quand on regarde l’énergie qui anime encore aujourd’hui l’équipe, comme si l’aventure ne faisait que commencer.

Derrière Ciao, il y a d’abord une histoire profondément humaine : celle de Jean, d’un rêve d’entrepreneur, d’un voyage en Italie, d’un appel d’offres de 300 pages lu à voix haute à cause d’un œil blessé, et d’une équipe qui a grandi jusqu’à former une véritable tribu.

Ce billet est une façon de célébrer ces 20 années, de revenir sur les moments forts, les choix déterminants et la vision qui porte maintenant Ciao vers l’international.

Le rêve d’entrepreneur… à 43 ans

Contrairement à l’image du « jeune prodige » qui lance sa start-up à 20 ans, l’histoire de Ciao commence à 43 ans. Pour Jean, devenir entrepreneur, c’était un rêve de jeunesse, mais un rêve qu’il a pris le temps de préparer.

Dans sa famille, les entrepreneurs ne manquent pas. Plusieurs l’inspirent, mais Jean commence d’abord par s’investir profondément dans son premier employeur. Il s’y implique au point de devenir actionnaire. C’est là qu’il développe une confiance essentielle : il découvre qu’il a le sens des affaires, une bonne compréhension des appels d’offres, et surtout, qu’il aime bâtir.

Lorsque cette entreprise est acquise par CGI, Jean fait un premier pas vers l’entrepreneuriat en cofondant une firme avec deux anciens collègues. Nouvelle étape, nouvelle dose de confiance. Puis, en 2006, à 43 ans, il décide de se lancer seul. Le 21 avril 2006, il fonde Ciao.

C’est un beau clin d’œil à tous ceux qui croient qu’il est « trop tard » pour démarrer un nouveau projet : l’histoire de Ciao prouve exactement le contraire.

Trouver un nom qui sonne comme une marque

Créer une entreprise, c’est aussi lui trouver un nom qui porte une vision. Jean le sait : il ne veut pas d’un acronyme froid à trois lettres. Il veut une marque, un mot qui évoque quelque chose, qui reste en tête, qui donne le sourire.

L’inspiration arrive sur une autoroute d’Italie. Jean et Nancy célèbrent alors leurs 15 ans de mariage. Sur le bord des routes, une même enseigne revient : des cafés nommés « Ciao ». Le mot le frappe, reste accroché dans sa mémoire. C’est simple, chaleureux, accueillant.

De retour au Québec, au moment de trouver un nom pour l’entreprise, ce « flash » italien revient. Jean vérifie au registre des entreprises : le nom est libre. Ciao Technologie Incorporée voit le jour. Au début, dans l’air du temps, on essaie même de transformer Ciao en acronyme – « Conseil informatique aux organisations », ou une autre déclinaison du même genre. Rapidement, l’équipe réalise que ce n’est pas nécessaire. Lors d’un exercice marketing, une décision claire s’impose : on garde simplement « Ciao ».

Ciao, c’est court, sympathique, accessible. Ça ressemble à l’équipe. Et ça deviendra, au fil des ans, une marque à part entière.

Les débuts : de la SOGIQUE aux premiers mandats

Les premières années de Ciao s’ancrent dans le réseau de la santé. Jean obtient d’abord un mandat de chef de projet à la SOGIQUE, une organisation relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux, responsable du développement et de l’entretien de systèmes pour le réseau.

L’un des projets majeurs sur lesquels il travaille touche les réseaux de services intégrés pour les personnes âgées, un projet de 60 millions de dollars. Pendant quatre ans, Ciao vit beaucoup grâce à ces mandats et à un réseau de sous-traitants. Ce n’est pas encore une grande entreprise structurée, mais déjà, une réputation se construit, des relations se tissent, une expertise se confirme.

Le plan d’informatisation du réseau de la santé crée alors de belles occasions. Ciao est au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes compétences.

2009 : le mandat qui change tout

S’il y a une date qui revient constamment dans l’histoire de Ciao, c’est 2009. Trois ans après la fondation, un mandat va tout changer : le développement du Logiciel de production de rapports de gestion, LPRG Web.

Ce système n’est pas un simple outil administratif. Il sert à produire les budgets et les états financiers intérimaires et finaux de tous les établissements de santé. À l’époque, ce sont environ 30 milliards de dollars qui transitent à travers cet outil.  Le mandat, d’une valeur de trois millions de dollars, permet à Ciao de franchir un cap.

Encore utilisé aujourd'hui, c'est 80 milliards de dollars qui transitent par LPRG Web.

Grâce à LPRG Web, Ciao peut enfin embaucher ses premiers employés, louer deux locaux, engager une adjointe administrative. Jean passe alors du statut de travailleur autonome bien entouré à celui de chef d’entreprise à la tête d’une équipe.

Ce projet devient aussi une carte de visite d’une puissance incroyable : une référence majeure dans les appels d’offres subséquents, et un tremplin vers d’autres mandats d’envergure, notamment auprès de la Régie de l’assurance maladie du Québec.

On peut le dire sans exagérer : LPRG Web, c’est le mandat tournant de l’histoire de Ciao.

Grandir sans perdre l’âme : de la tribu aux 100 employés

Au fil des années, Ciao ne cesse de croître. Mais cette croissance ne se résume pas à des chiffres. Jean en parle d’abord avec fierté en termes de persévérance : persister dans le temps, garder le cap pendant 20 ans, maintenir une croissance presque constante, ce n’est pas rien.

L’un des symboles forts de cette progression, c’est le cap des 100 employés franchi en 2025. À l’origine, Jean n’aurait jamais imaginé atteindre ce nombre. Pourtant, Ciao y arrive, tout en gardant ce qui fait son essence : une approche humaine, une culture de proximité, cette idée de « tribu » où chacun compte.

Les défis ne manquent pas. Parmi les plus grands des dix dernières années : la pénurie de main-d’œuvre. Le carnet de commandes est plein, les appels d’offres sont gagnés, les projets sont au rendez-vous, mais recruter devient un combat.

Plutôt que de subir, Ciao choisit d’agir. L’entreprise investit dans des missions de recrutement à l’international, notamment au Maroc et au Brésil. Une bonne partie de l’équipe actuelle vient de ces initiatives. C’est une belle illustration de la manière dont Ciao aborde les obstacles : comme des occasions de s’ouvrir, de se diversifier, de s’enrichir.

Une identité visuelle chaleureuse et inclusive

En 2013, Ciao décide de revoir sa signature graphique. Le premier logo, plus sérieux, s’inspirait des grandes firmes de conseil classiques. Mais après sept ans, il ne reflète plus tout à fait l’esprit de l’équipe ni l’évolution de l’entreprise.

Un exercice de révision marketing est lancé avec des experts. De ces réflexions naît une nouvelle identité, plus moderne, plus vivante. Le orange s’impose comme couleur corporative : une couleur énergique, chaleureuse, qui respire l’accessibilité et la proximité. L’équipe y adhère immédiatement.

Un détail du logo attire aussi l’attention : les petits points au-dessus du mot Ciao. Ils représentent tout simplement l’Internet. À l’époque, le Web évolue rapidement et ces points viennent symboliser cette connexion, cette ouverture sur le numérique, qui allait devenir centrale dans les activités de Ciao.

Ce choix de couleur n’est pas seulement esthétique. On s’assure aussi qu’il respecte les principes d’accessibilité, un domaine dans lequel Ciao s’apprête justement à jouer un rôle clé.

L’accessibilité numérique : d’une rencontre à une vocation

En 2011, un dîner vient encore une fois changer la trajectoire de l’entreprise. Jean retrouve Yves Hudon, un professionnel du gouvernement avec qui il a déjà travaillé. Yves a pris sa retraite du gouvernement au moment de l'adoption des standards gouvernementaux d'accessibilité Web pour lesquels il aura eu un impact important.

Plutôt que de se retirer complètement, il souhaite continuer à contribuer comme consultant. Il présente à Jean le potentiel du marché de l’accessibilité numérique, la rareté de l’expertise, le manque d’offre de services au Québec. Le message passe : il y a là un vrai besoin, une occasion de faire une différence.

Avec Yves, Ciao organise les Journées A11y Québec pendant cinq ans. Ces événements annuels rassemblent jusqu’à 250 participants et une vingtaine de conférenciers venant des quatre coins du monde. L’impact est double : une visibilité énorme pour Ciao et une contribution concrète au développement de la culture de l’accessibilité au Québec.

C’est aussi dans cette période que Ciao embauche sa première spécialiste en accessibilité, Cynthia Thibault-Larouche, qui fait toujours partie de l’équipe aujourd'hui. L’accessibilité cesse alors d’être un « volet parmi d’autres » : elle devient un axe structurant de l’entreprise.

Et parfois, le destin s’en mêle pour rappeler à quel point ce sujet est important. Lors de la préparation de la fameuse proposition de 300 pages pour LPRG Web, Jean se blesse gravement à l’œil en jouant au hockey cosom. Il ne voit plus correctement, mais il faut finaliser le document. L’équipe se réunit, les sous-traitants lisent les textes à haute voix, Jean révise la syntaxe sans même voir les pages.

En parallèle, il découvre concrètement les bénéfices des outils d’accessibilité : l’agrandissement des caractères, l’ajustement de l’affichage, tout ce qui facilite la vie lorsque la vision est temporairement réduite. Cette expérience le sensibilise encore davantage au rôle essentiel de l’accessibilité, pas seulement pour les limitations permanentes, mais aussi pour toutes les situations temporaires ou situationnelles.

Pour une entreprise qui va devenir un acteur important de ce domaine, ce n’est pas anodin.

De Ciao à Ciao x IT Link : préparer la relève et rayonner plus loin

Au fil du temps, une autre question finit par s’imposer : celle de la relève. Jean approche la soixantaine. Il sait qu’il doit penser à l’avenir de Ciao, au-delà de lui-même. Naturellement, il envisage d’abord une relève interne. Mélinda, qui accompagne l’entreprise depuis 15 ans, aurait été un choix idéal, mais elle a d’autres projets. Jean respecte entièrement sa décision… et elle décide de l’accompagner dans tout le processus de recherche du meilleur partenaire.

Cette démarche mène à la rencontre d’IT Link. Le choix ne se fait pas sur des chiffres seulement, mais d’abord sur un alignement de valeurs. Malgré sa taille, IT Link fonctionne avec une culture presque familiale, où l’autonomie et l’innovation sont encouragées. Le « fit » humain est bon, que ce soit avec les dirigeants – comme Éric Guillard et Matthieu Girard – ou avec les équipes rencontrées.

D’autres éléments pèsent dans la balance : IT Link a déjà réussi plusieurs acquisitions, dans un contexte où l’on sait que 90 % des fusions échouent. Et surtout, un point tient particulièrement à cœur à Jean : le maintien de la marque Ciao. Il ne s’agit pas de dissoudre 20 ans d’histoire dans un nouveau nom, mais de l’intégrer à un ensemble plus large.

Aujourd’hui, le slogan d’IT Link est « un groupe, quatre marques ». Ciao en fait partie. Cette alliance permet à Ciao de rayonner au-delà du Québec, d’ouvrir des portes vers l’international, tout en contribuant à son tour à la croissance et au rayonnement des autres composantes du groupe.

20 ans aujourd’hui… et déjà tournés vers les 20 prochaines années

Les 20 dernières années de Ciao sont jalonnées de dates clés :

  • La création de l’entreprise en 2006;

  •  Le mandat LPRG en 2009;

  •  La création du département d’accessibilité en 2012;

  • Le grand mandat avec la RAMQ la même année;

  • L’acquisition des bureaux de Ciao en 2016;

  • La création du studio numérique en 2021;

  • La fusion avec IT Link en 2024;

  • L’embauche du 100e employé en 2025;

  • et ce 20e anniversaire en 2026.

Mais au-delà des dates, ce qui ressort, c’est une trajectoire : celle d’une entreprise qui a su grandir sans renier ses racines, s’ouvrir sans se diluer, innover sans perdre son humanité.

 

Jean le dit lui-même : la plus belle réussite de Ciao, ce n’est pas l’histoire d’un seul homme. C’est une aventure collective. Comme en course automobile, où 80 % du succès vient de la voiture et 20 % du pilote, Ciao est surtout le résultat du travail de toutes les personnes engagées qui ont rejoint la tribu au fil du temps.

En 20 ans, Ciao a appris, tenté, réussi, parfois moins réussi, tiré des leçons, mais toujours avancé. Aujourd’hui, grâce à la force de son équipe et au partenariat avec IT Link, l’entreprise se projette vers les 20 prochaines années avec une ambition claire : après avoir fait rayonner Ciao au Québec, faire de cette marque un nom connu à l’international.

On peut facilement imaginer, dans 20 ans, un autre billet de blogue, quelque part entre Montréal, Paris, São Paulo ou Casablanca, qui racontera comment une petite entreprise née d’un rêve d’entrepreneur à 43 ans, inspirée par des cafés « Ciao » sur une autoroute italienne, a fini par apposer sa signature orange sur tous les continents.

En attendant, pour cette année, une chose est sûre : Ciao a 20 ans… et ce n’est que le début.