Évitez le piège du Appelez pour payer
La plus grosse erreur, c’est de traiter le « commerce en ligne » comme un simple catalogue et de garder le paiement hors ligne.
Le vrai problème derrière « veuillez appeler pour payer »
Pour beaucoup de petites entreprises canadiennes, « se mettre en ligne » veut dire mettre des produits et un formulaire de contact sur un site web, puis demander aux clients d’envoyer un courriel ou d’appeler pour finaliser le paiement. Ça semble plus sûr et moins cher au départ, mais ça tue discrètement la conversion.
Du point de vue du client, ça ressemble à ceci :
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Il navigue comme dans une boutique normale.
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Il choisit ce qu’il veut.
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Au moment où il est prêt à acheter, le site le fait tomber dans le vide : « Contactez‑nous pour commander » ou « Appelez pour payer ».
C’est là que vous le perdez.
Les acheteurs d’aujourd’hui s’attendent à :
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Voir le coût total (taxes et livraison incluses) avant de s’engager.
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Payer instantanément, à toute heure, avec une méthode familière : carte de crédit, Interac, portefeuille numérique.
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Recevoir une confirmation/un reçu immédiat.
Quand ce n’est pas le cas, trois doutes apparaissent tout de suite :
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« Est‑ce que c’est sérieux? » – Pas de vrai paiement en ligne et pas de reçu automatique, ça paraît louche.
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« Ça va être compliqué. » – Il faut maintenant appeler pendant les heures d’ouverture ou attendre un devis.
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« Je vais acheter chez le concurrent qui me laisse payer tout de suite. »
Donc, même si vos produits et vos prix sont bons, vous avez transformé votre site en brochure, pas en boutique.
Pourquoi les entreprises canadiennes tombent dans ce piège
On retrouve souvent les mêmes schémas :
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Peur de la fraude et des rétrofacturations, surtout pour les transactions sans présence de carte.
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Inquiétude concernant la conformité PCI et le stockage des données de carte.
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Crainte que les frais de transaction ne grugent la marge.
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Recours à un concepteur de site générique qui sait faire des pages, mais pas des parcours ni des paiements.
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Habitudes héritées du B2B : « On a toujours fait : devis, puis facture. »
Ces préoccupations sont réelles, mais la solution n’est pas d’éviter les paiements en ligne; c’est d’utiliser les bons outils pour ne jamais manipuler de données de carte brutes et intégrer les frais dans vos prix.
Comment éviter le piège du « appelez pour payer »
Voici une voie pratique pour en sortir :
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Utilisez une plateforme avec passerelle de paiement intégrée
Pour la plupart des petites entreprises, cela signifie quelque chose comme Shopify ou Addio Commerce. Ces plateformes gèrent la conformité PCI pour vous et offrent un parcours de paiement standard et rassurant. -
Faites du paiement en ligne la norme, pas l’exception
Configurez la boutique pour que le parcours normal soit : ajout au panier → livraison + taxes → payer maintenant. Si vous souhaitez encore permettre un paiement manuel (ex. bon de commande, virement Interac pour le B2B), cachez‑le derrière une option alternative explicite, pas comme seule solution. -
Proposez des moyens de paiement familiers
Au‑delà des cartes de crédit, activez au moins un des moyens suivants : Interac débit ou Apple Pay / Google Pay. Cela augmente immédiatement la confiance des acheteurs canadiens méfiants à l’idée de saisir les numéros de leur carte. -
Soyez explicite sur la sécurité plutôt que de vous cacher derrière le téléphone
Ajoutez près de la page de paiement un court message, simple et clair, indiquant que vous utilisez un processeur de paiement sécurisé, que vous ne stockez pas les détails de carte et que vous respectez les lois locales sur la protection de la vie privée. Vous répondez ainsi aux mêmes peurs qui vous poussent à garder les paiements au téléphone, mais d’une manière qui renforce la confiance en ligne. -
Intégrez les frais dans vos prix au lieu d’essayer de les éviter
Intégrez les frais de transaction dans votre modèle de marge. Un frais prévisible de 2,9 %–3 % sur une vente réellement conclue vaut mieux qu’un frais de 0 % sur un panier abandonné parce que le client ne voulait pas appeler. -
Renforcez vos contrôles de risque au lieu d’ajouter des frictions
Utilisez les outils anti‑fraude de votre passerelle (Vérification d’adresse, CVV, cote de risque, 3‑D Secure lorsqu’il est disponible). Pour les commandes réellement risquées (gros montants B2B, destinations inhabituelles), vous pouvez ajouter une étape de validation manuelle; mais ne forcez pas chaque commande de 40 $ à passer par un appel téléphonique. -
Faites en sorte que les exceptions restent vraiment des exceptions
Si vous devez absolument dire « appelez ou écrivez‑nous pour payer » pour certains cas particuliers (travaux sur mesure, livraison par transporteur, produits réglementés), gardez ça en dehors du catalogue principal. Créez des parcours « demande de devis » séparés, afin que vos produits standard bénéficient quand même d’un paiement fluide, en une seule étape.
En une phrase
Le vrai commerce en ligne, c’est laisser les clients choisir, payer et recevoir une confirmation dans un parcours fluide et continu; chaque fois que vous les renvoyez vers un « appelez pour payer », vous les invitez à terminer l’achat sur le site de quelqu’un d’autre.
Pour aller plus loin
Vous réfléchissez à lancer votre entreprise dans le e‑commerce? Notre livre blanc, « De la brique au clic : Implanter la vente en ligne dans un modèle d'affaires existant », est un excellent point de départ.
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