Une police accessible maximise la lisibilité pour tous, surtout en conditions difficiles
Une police de caractères accessible repose sur plusieurs critères essentiels : la clarté des formes, une différenciation nette des glyphes semblables, et un bon comportement à l’écran et à l’impression.
Aspects clés à retenir
- Contraste interne et formes ouvertes : Des contreformes généreuses, des ouvertures larges (e, a, s), des traits ni trop fins ni trop condensés améliorent la lecture en petits corps et sur écrans variés.
- Différenciation des glyphes : Distinguer clairement I/l/1, O/0, a/g, p/q, b/d. Les variantes du “l” (lettre l) avec empattement, un “1” (numéro un) à empattement ou crochet, et un “0” (numéro 0) barré ou pointé réduisent les confusions.
- Espacement et métriques : Un interlettrage et interlignage suffisants, proportions équilibrées, et une hauteur d’x généreuse augmentent la lisibilité sans produire de “collisions” entre lettres.
- Cohérence et simplicité stylistique:
- Éviter les fioritures, ligatures décoratives excessives, ou contrastes extrêmes;
- Privilégier des styles réguliers, stables, et des formes familières.
- Lisibilité en plusieurs environnements: Rendu net avec hinting/optimisation écran, tailles accessibles, variantes poids/italique suffisamment contrastées, et bonne performance en texte long comme en interfaces.
- Support des caractères et symboles :
- Couverture Unicode ample, glyphes clairs pour signes mathématiques, monétaires et ponctuation;
- Guillemets et apostrophes corrects;
- Diacritiques bien proportionnés pour les langues avec accents.
- Accessibilité numérique : Conserver la distinction visuelle quand le contraste couleur est réduit; éviter le texte en capitales prolongé; garantir une italique lisible; proposer un style monospacé quand la précision d’alignement est nécessaire.
- Caractères de chiffres lisibles: Chiffres alignés ou tabulaires pour interfaces et tableaux; différenciation nette 3/8, 5/6, 2/7.
- Variantes et usages:
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- Pour interfaces et documentation, privilégier sans‑serif humanistes ou grotesques bien espacées;
- Pour longs textes imprimés, des serif avec bonne hauteur d’x et espacement maîtrisé. Le choix dépend du contexte d’usage, pas seulement du style.
Outil de validation d’une police de caractère
Nous avons utilisé l’outil de validation de police fait par Estée Desanctis pour tester quelques polices courantes comme Arial et Verdana.
L’outil met en évidence les effets miroir, les rotations à 180° et la superposition de caractères similaires afin de permettre une validation visuelle et de déterminer clairement si le test est concluant ou non.
Commençons avec Arial :
- Les caractères en miroir sont indifférenciables pour les paires de lettres b-d et p-q, alors qu’il existe une petite distinction entre la lettre majuscule O et le chiffre 0.
- Les caractères semblables en rotation sont identiques pour les combinaisons 6-9, n-u et quasi identiques pour 6-g, m-w en minuscule et MW en majuscule. Les caractères qui se ressemblent lorsqu’on les fait pivoter deviennent identiques pour les paires 6–9 et n–u, et légèrement différente pour 6–g, m–w en minuscules, ainsi que M–W en majuscules.
- Finalement, les derniers tests — ceux par superposition — sont souvent les plus révélateurs. Dans certains cas, les caractères se confondent entièrement lorsqu’ils sont superposés, notamment I (i majuscule) et l (l minuscule). À l’inverse, pour les paires e–o, cl–d et rn–m, la superposition crée seulement une confusion partielle.
Maintenant testons Verdana :
- Les caractères en miroir sont indifférenciables pour les paires de lettres b-d, alors qu’il existe une petite distinction entre p-q et la lettre majuscule O et le chiffre 0.
- Les caractères semblables en rotation sont identiques pour les combinaisons 6-9, n-u et quasi identiques pour 6-g, m-w en minuscule et MW en majuscule. Les caractères qui se ressemblent lorsqu’on les fait pivoter deviennent identiques pour les paires 6–9 et n–u, et légèrement différente pour 6–g, m–w en minuscules, ainsi que M–W en majuscules.
- Finalement, les derniers tests montrent que, dans la plupart des cas, les caractères — notamment I (i majuscule) et l (l minuscule), ainsi que les paires e–o, cl–d et rn–m — demeurent suffisamment différents pour ne pas se confondre entièrement lorsqu’ils sont superposés.
Il est évident qu’Arial et Verdana ne satisfont pas tous ces critères. Même si elles sont souvent présentées comme accessibles — et parfois recommandées dans des documents gouvernementaux officiels — ces polices manquent certains détails cruciaux qui améliorent réellement la lisibilité. Verdana offre toutefois une meilleure différenciation de certains caractères que Arial, sans toutefois répondre pleinement aux exigences typographiques les plus strictes. Heureusement, il existe de meilleures alternatives.
Suggestion de police de caractère accessible
Aucune police n’est parfaite. Les avantages d’une police donnée peuvent ne pas convenir à tous les contextes ni à tous les lecteurs. Cela dit, voici quelques polices de caractères qui répondent au plus grand nombre de critères possibles :
En pratique, tester une police avec des utilisateurs, à différentes tailles, contrastes et longueurs de texte, et vérifier la clarté des paires ambiguës est aussi important que ses spécifications techniques.
Pour aller plus loin
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